" Qu'est-ce que la science ? C'est l'enchantement du monde, l'enchantement réel du monde.
"
Michel Serres (Extrait de - Petites chroniques du dimanche soir 3, Michel Serres - entretiens avec Michel Polacco - Éditions Le Pommier.)
" Qu'est-ce que la science ? C'est l'enchantement du monde, l'enchantement réel du monde.
"
Michel Serres (Extrait de - Petites chroniques du dimanche soir 3, Michel Serres - entretiens avec Michel Polacco - Éditions Le Pommier.)
En Suisse, dans le canton de Lucerne, une interdiction vient de tomber : celle de danser les jours fériés. Dans ce canton en effet, une loi religieuse du XV° imposait aux catholiques
de se consacrer à la prière les jours fériés et de ne pas céder au « démon de la danse ». Jusqu’à présent les établissements qui ouvraient à Pâques ou Pentecôte risquaient 3500 euros
d’amende. Six siècles pour émerger de l'obscurantisme...
Ce n’est pas chez nous, pays laïque, que l’on verrait cela ? Certes non, mais tout de même. En France, si on fait ce que bon nous semble de nos jours de fêtes religieuses, nous sommes pourtant bel et bien en congé les jours fériés, et donc soumis malgré nous au dogme divin.
Dans un pays vraiment laïque, on devrait avoir le choix : vaquer Pâques, Pentecôte et Noël quand on est croyant ou bien choisir un jour de congé républicain : il y a des dates qui ont marqué notre histoire qui mériteraient d’être fêtées en arrêtant le travail ! (déclaration universelle des droits de l’homme, abolition de la peine de mort, charte des droits de l’enfant etc.). Malheureusement, c’est seulement dans mes rêves.
Source de l'info : Courrier international, Insolites
J’ai vu le film, réalisé par Jacques
Malaterre, la semaine dernière. J’étais fort intriguée de savoir si la fiction l’emporterait sur la science, et si les découvertes de ce printemps y seraient intégrées. J’y ai pris
plaisir car, au cœur de l’aventure de cet homme qui voit son clan disparaître, on fait connaissance avec un être humain, pas une brute archaïque. Le mythe de la brute épaisse, sans culture, est
en voie de s’écrouler. AO, notre héros, est donc néanderthalien, survivant de sa tribu décimée en Sibérie, et va entreprendre de retrouver son clan d’enfance, en Europe méridionale. Sur son
chemin, il rencontre les sapiens, aux habitus étranges pour lui, et physiquement très différents,.
Le film nous montre pourtant deux espèces avec des points communs essentiels : la vie en groupes, la maîtrise du feu, d’outils, l’accès à l’abstraction révélé par la confection d’objets symboliques. C’est juste l’expression de leurs cultures qui est différente : sapiens se peint le visage, néanderthal, non. Comme sapiens, néanderthal a une vie spirituelle, il porte des amulettes, attache de l’importance à l’arrangement des morts. Sapiens peint déjà les murs, néanderthal, non. Sapiens diversifie son alimentation, alors que néanderthal, force de la nature, grand chasseur, préfère la viande. Tout cela est bien présent dans le film.
Par contre ce qui paraît relever de la pure hypothèse est le fait que néanderthal ait été beaucoup plus proche de la nature que sapiens. On voit le héros AO s’attendrir devant un oiseau posé sur son doigt, taper cordialement l’arrière-train d’une jument qu’il vient de traire pour nourrir un bébé. Sapiens est dépeint plus agressif, pratiquant le sacrifice humain, et plus pointu dans l’art de la chasse (dans le film, la femme sapiens initie AO au lancer de javelot). Sapiens montre déjà des aptitudes à dompter son environnement, alors que néanderthal se coule dans le moule de la nature. Cette image ne serait-elle pas calquée sur une morale liée à l’actualité et historiquement peu étayée ? Faut-il faire remonter notre agressivité envers la nature à une période comprise entre 80 000 et 30 000 ans ? Ne s’agirait-il pas d’une transposition du mythe du bon sauvage ?
Avec une telle image d’épinal, le risque est grand d’inverser exactement le travers dont souffrait néanderthal depuis la fin du XIX°. La brute sanguinaire sans culture, réputation injustifiée – sinon par refus d’une autre humanité - se transformerait alors en être de nature angélique tout droit sorti de l’œuvre de Rousseau. J’ai des doutes sur la solidité de cette image, pas plus fiable que son revers.
Qu’en est-il de la découverte de ce printemps 2010, à savoir que les deux espèces ont bien mélangé leurs gènes ? Elle est bien prise en compte dans le film, puisque AO et sa compagne de route sapiens finiront par faire un enfant ensemble. Sauf que le film se situe à la fin de l’ère néanderthalienne (environ 30 000 ans), alors que les scientifiques affirment que le mélange s’est fait dès la sortie d’Afrique des néanderthaliens, il y a 80 000 ans.
J’ai l’air de critiquer ce film, mais rassurez-vous, je l’ai trouvé excellent, car réhabilitant l’image de notre cousin. C’est ce message-là qui devait être transmis. Message reçu, convaincant, adossé à une documentation solide sur les modes de vie des deux espèces. La grande aventure de nos deux héros fera le reste : émotions, suspense, combats et grandes immensités. Un « road movie », bien avant qu’il y ait des routes.
C’est fou ce que les femmes peuvent être soumises à leurs hormones. Selon le site Psychomedia, site féminin par excellence, un article, sans le moindre lien vers les études citées, affirme qu’à l’ovulation, l’esprit est moins alerte. Pourquoi ? Parce que le taux d’oestrogènes monte et que les oestrogènes, c’est mauvais pour la concentration. C’est prouvé sur les rates. Bon, je veux bien, mais j’aurais aimé plus de détails. Si cela est vrai, la concentration devrait s’améliorer avec la ménopause. Hum… j’ai rien remarqué, moi. Ce que j’ai remarqué par contre, c’est que ma concentration s’améliorait avec :
- du repos
- une absence de soucis majeurs
- un entraînement régulier
Ce n’est pas tout, le cycle menstruel féminin a, toujours selon Psychomedia, d’autres effets sur nos comportements.
Par exemple, attention mesdames, vous êtes bien provocantes à l’ovulation ! Il paraît qu’une étude sur … 100 femmes (oui, vous avez bien lu, je n’ai pas oublié un zéro) a montré qu’elles choisissent des vêtements plus sexy en période d’ovulation. Mais réfléchissons deux secondes aux conditions de passation de cette expérience : il a fallu recruter des femmes proches de l’ovulation. Comment le savoir ? En leur demandant pardi ! On se retrouve avec un joli biais : les participantes, sachant qu’elles allaient être évaluées avec, comme base, le cycle menstruel, avaient conscience que toutes les questions posées seraient à connotation sexuelle. Elles ont donc joué le jeu du biais, celui de répondre exactement ce qu’on attendait d’elles.
Autre exemple d’étude présentée sur Psychomedia : les achats impulsifs des femmes (c’est bien connu, elles sont irréfléchies et dépensières !) ont lieu 10 jours avant les règles (donc plus proche de l’ovulation que des règles). 443 femmes ont été testées. Pourquoi un tel test, sur un comportement féminin ? Pourquoi pas sur les hommes ? Parce que ce sont les femmes qui sont réputées être incapables de se contrôler, pas les hommes. Je serais curieuse de savoir quel est le dépassement de budget pour un homme qui s’offre une belle bagnole de luxe ? Pas intéressant ? Ah oui, j’oubliais, les hommes n’ont pas de cycle menstruel !
Mesdames, quand vous aurez lu tout ce à quoi vous êtes soumises, vous direz peut-être avec moi : trop, c’est trop ! Le déterminisme biologique poussé jusqu’au ridicule ne vise qu’à faire de nous des êtres « de nature », pétris de réactions incontrôlables, et donc à contrôler absolument par d’autres. On retourne à l’être féminin infantile, à mettre sous tutelle. Quand va-t-on se débarrasser de ces archaïsmes ?
Ce qui me désole, c’est que le magazine La Recherche d’octobre 2010 se soit fait l’écho de cette dernière étude, heureusement en dernière page, rubrique « Curiosités ».
Dessin de José TRICOT
Pierre Barthélémy écrit sur son blog :
« La science doit-elle toujours être suspecte ?
Après les “débats” qui se sont tenus sur ce blog quand j’ai publié mes billets sur le suaire de Turin ( ici et là), je me suis dit que la science avait encore beaucoup de progrès à faire pour ne plus être un machin systématiquement suspect, un complot de sorciers modernes affairés à nuire à l’humanité […] » Lire la suite
Photo issue de Viadeo (lien avec l'image)
Petit album carré de 143 pages, cet ouvrage est divisé en deux parties : la première est une présentation de la Lune elle-même, la seconde traite de la conquête
spatiale de la Lune, toujours sous forme de chiffres. Le procédé est simple et efficace : on peut retrouver une information très facilement. Alternent des chiffres absolus comme le diamètre
lunaire et des chiffres relatifs, par rapport à la Terre.
Par exemple, on y apprend qu’un homme de 70 kg sur terre ne pèse plus que 11,6 kg sur la Lune. Qu’un clair de terre sur la lune est 65 fois plus brillant qu’un clair de lune sur terre. Comment cela, ce ne sont pas des infos primordiales ? Mais c’est ce qui est intéressant, finalement ! Saviez-vous aussi qu’elle tourne autour de la terre à la vitesse de 1,022 km par seconde ? Pensez-y quand vous la regarderez se lever. A-t-elle l’air de prendre son temps ? Oui, mais c’est une illusion, elle est aussi pressée que nous !

Ce petit livre fourmille de petites infos de ce type. Toutefois, mon enthousiasme est descendu d’un cran quand j’ai lu le petit texte suivant : « Notre existence entière est liée à la Lune. Son influence joue un rôle majeur dans quatre domaines principaux : 1- La lune stabilise l’axe de rotation de la Terre. 2 - Elle est responsable des marées […] 3 – Elle est la cause des éclipses solaires. Jusqu’ici rien à redire, mais voici l’objet du litige, c’est la 4 – Elle aurait une influence légendaire sur la végétation, les naissances et même la pousse de nos cheveux ! ». L’auteur a employé le conditionnel et l’adjectif « légendaire », certes, mais la phrase 4 fait tout de même partie d’une liste annoncée comme une influence au rôle majeur ! C’est s’avancer vraiment vite !
Dommage, car, comme pour le livret de Kevin Labiausse (billet du 9 septembre) sur les énigmes de l’histoire, ce petit ouvrage pratique le mélange des genres et entretient la confusion entre la réalité et les mythes.
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