" Qu'est-ce que la science ? C'est l'enchantement du monde, l'enchantement réel du monde.
"
Michel Serres (Extrait de - Petites chroniques du dimanche soir 3, Michel Serres - entretiens avec Michel Polacco - Éditions Le Pommier.)
" Qu'est-ce que la science ? C'est l'enchantement du monde, l'enchantement réel du monde.
"
Michel Serres (Extrait de - Petites chroniques du dimanche soir 3, Michel Serres - entretiens avec Michel Polacco - Éditions Le Pommier.)
Vous trouverez dans la liste de mes liens celui des " pseudo-médecines", site très documenté et pointu de Jean Brissonnet dénonçant toutes les formes de charlatanisme médical.
Jean vient de transformer son site en blog. Rien ne change pour les lecteurs puisqu'il a gardé son nom de domaine. Les deux derniers articles concernent l'homéopathie au Japon et le bracelet EFX vendu en pharmacie.
Mais n'oubliez pas de naviguer dans la multitude de dossiers très complets issus de son site, par exemples la question des causes du succès des pseudo-médecines, l'évolution des recherches sur le paludisme, mais aussi une réflexion sur l'effet placebo, les liens entre sectes et pseudo-médecines, et bien d'autres encore !
Et pour être sûr de rester informés, vous pouvez finir votre visite par un abonnement au fil RSS ou à la newsletter.
Bonne navigation !
Le 1er mars 2009 j’avais écrit un article « L’entraînement cérébral Kawashima revient à se
tourner les pouces » afin de rendre compte des résultats d’une étude sur le sport cérébral du docteur Kawashima, lequel avait vécu son heure de gloire dans les médias en ce printemps
2009. Alain Lieury y montrait que par rapport aux groupes d’enfants témoins (un ne faisait rien, l’autre jouait à la Nintendo, le dernier faisait des jeux « Mickey-parade »), le groupe
d’enfants sur le jeu Kawashima ne retirait aucun bénéfique significatif.
Cette fois-ci, c’est Adrian Owen, chercheur en neurosciences à l’université de Cambridge, qui s’est attelé à la tâche d’évaluer les jeux d’entraînement cérébral chez les sujets plus âgés, plus précisément sur 11 430 personnes de 18 à 60 ans. Ses résultats sont aussi décevants que ceux d’Alain Lieury. Aucun bénéfice cognitif n’apparaît chez les utilisateurs de jeux d’entraînement par rapport à ceux qui pratiquent des recherches sur internet. Son étude est critiquée parce qu’on ne peut comparer des recherches sur internet à un entraînement cérébral.
Malgré les critiques, tous les chercheurs s’entendent sur un point : les performances de la mémoire dépendent de la masse des connaissances accumulées, mais aussi de sa variété, et du nombre de connexions de nos neurones. Les gains obtenus dans un domaine ne sont pas transposables à toute la mémoire. Si on s’entraîne à la mémoire des chiffres grâce à un jeu, on deviendra meilleur en mémoire des chiffres, rien de plus, mais on n’améliorera pas son champ lexical, et inversement, si on est fort en scrabble, on ne sera pas pour autant un foudre de guerre en sudoku.
Des chercheurs de l’INSERM ont suivi pendant quatre ans une cohorte de 6000 seniors de 65 ans et plus. Ceux qui pratiquaient deux fois par semaine des activités intellectuelles diverses avaient deux fois moins de risques de développer une démence ou Alzheimer que ceux qui les pratiquaient moins.
Étude publiée dans Neurology en 2009.
Source : Le Monde de dimanche 26-lundi 27 septembre 2010
À la vue de cette pub, on comprend, si on ne le savait pas, que Virgin radio est une radio « jeune ». Non seulement jeune, mais capable de
vous rajeunir un monsieur à la mine très triste, au teint noirci comme s’il remontait d’une mine du Chili… Mais non, ce n’est pas un mineur, c’est un vieux ! Les vieux sont comme ça, vous
savez : noirs et déconfits, plus très frais. Voir la vidéo sur leur site.
Mais heureusement, un petit coup de Virgin radio dans les oreilles, et hop, sauvé, le vieil affreux dégoûtant redevient jeune et beau, comme on les aime et comme on doit tous vouloir rester…
Car le vieux est non seulement moche et enfumé, mais en plus il sent le renfermé, le moisi, d’où l’idée de le rafraîchir à coup de musique bien choisie. « Restons frais ! », vous dit-on.
Avec cette pub, Virgin ne craint pas de marcher dans la boue visqueuse du mépris d’une partie de la population. Pas de la première fraîcheur, le slogan. Virgin et son vieillissement bien géré ont des relents très rances.
Chaque jour, les slogans de pubs fusent de tous nos médias. On n’y fait même plus attention. Est-ce si sûr ? Ils nous entrent dans la tête sans qu’on s’en aperçoive.
Carrefour le sait, lui. Il vient de ressortir un vieux slogan : « Le
retour du positif » qui est en effet une allusion à la période 1988-1990 où ses magasins affichaient le slogan « Avec Carrefour je positive ». La réussite fut telle à cette époque,
que, assez rapidement, le néologisme « positiver » est passé dans la rue, tout droit sorti de leur stratégie-marketing. Notre langage quotidien est parfois fils de pubs.
Je suppose que c’est le rêve de tout publiciste : que son slogan passe dans la rue et devienne langage courant. Mais pour nous, le risque est grand. Car une multitude de slogans sont désespérément vides, ou, pire, véhiculent des idéologies.
La pub qui, en ce moment, nous harcèle les neurones est celle de Renault avec son Emma qui cherche vainement à se faire bien voir de son patron. Notre
blonde Emma n’a d’autre moyen de plaire à son patron que lui sourire depuis son siège de secrétaire (pour faire oublier qu’elle est arrivée en retard), lui apporter son café, et rire très fort de
ses blagues. De toute façon, la pub vous le dit, Emma n’arrivera à rien. Pub sexiste, bien sûr, qui véhicule à grand renfort d’humour de seconde zone (oh, pardon, je voulais dire du
second degré !) une image des femmes infantilisante.
Et que penser des différents slogans d’Yves Rocher ? Prenons celui que je voyais encore dans leurs vitrines au printemps 2010 : « Plus elle avance, plus la science
donne raison à la nature ». Bigre, je me demande pourquoi la science lutte contre virus et bactéries, pourquoi elle travaille tant à prévoir les cyclones ou autres catastrophes naturelles.
Si la nature a vraiment raison, la science n’a aucune raison d’être. Préparons notre décoction de simples et allons nous coucher ! De toute façon, la science ne donne raison à personne, elle
ne distribue pas de jugements de valeur. Seuls ses prolongements, à travers les applications technologiques, ou les bricolages de labos (le clonage !) peuvent être « objets
d’éthique ».
Un autre slogan d’Yves Rocher est tout aussi idiot, mais amusant : « On n’a jamais autant respecté la nature des femmes ». Pour un marchand de cosmétiques qui promet de faire disparaître les comédons des jeunes et les rides des vieilles, de lisser les cheveux frisés et boucler les raides, ou encore de vous débroussailler les jambes, c’est un contre-sens assez rigolo. Votre nature vous a prévu des poils et des rides, respectez-la, c’est la vôtre !
La pub n’a pas fini d’être bête et misogyne. Je vous conseille, si comme moi vous en avez marre, de lire la rubrique « A bas la pub » de Charlie Hebdo, reprise sur le site des Chiennes de garde.
Parmi les 50 grands mythes de la psychologie populaire, l’effet Mozart
occupe la 6ème place. Mais il vient de tomber. Il était pourtant bien séduisant, cet effet qui voulait qu’écouter de la musique de ce compositeur prestigieux améliore vos performances
cognitives ! Rêvasser en écoutant de la musique et devenir plus performant, c’était la réconciliation de la paresse et de l’intellect.
Une équipe d’universitaires de Vienne (Jakob Pietschnig, Martin Voracek et Anton K. Formann de l'Institut de recherche fondamentale en psychologie de l'Université de Vienne) vient en effet de faire une méta-analyse de toute la littérature scientifique sur le sujet, et leur conclusion est sans appel : des 39 études défrichées, des 3000 tests de personnes effectués, il n’en ressort aucun résultat allant dans le sens d’un « effet Mozart ». L’étude est publiée dans la revue Intelligence.
La fameuse étude qui avait détecté cet effet date de 1993, par une équipe américaine, et avait été publiée dans Nature. Des performances cognitives à court terme avaient été remarquées après avoir écouté la sonate pour deux pianos en ré majeur de Mozart. Malheureusement, les résultats n’ont jamais pu être reproduits par d’autres équipes de psychologues. L’effet Mozart était pourtant devenu très populaire : très vite, on a conseillé aux femmes enceintes d’écouter du Mozart. Il est vrai que Mozart est le compositeur classique préféré des français. Et qu’avoir le contrôle de son QI avec si peu d’efforts était assez magique.
Reste que, personnellement, si je ne crois pas à l’effet Mozart, je crois tout de même que la musique qu’on aime et qu’on écoute en travaillant, peut plonger momentanément vos neurones dans un état de plaisir favorable à certaines fonctions cognitives. Ne désespérons pas, le plaisir est un moteur des fonctions intellectuelles !
Source de l'info : BE Autriche 131 du 9/09/2010
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