" Qu'est-ce que la science ? C'est l'enchantement du monde, l'enchantement réel du monde.
"
Michel Serres (Extrait de - Petites chroniques du dimanche soir 3, Michel Serres - entretiens avec Michel Polacco - Éditions Le Pommier.)
" Qu'est-ce que la science ? C'est l'enchantement du monde, l'enchantement réel du monde.
"
Michel Serres (Extrait de - Petites chroniques du dimanche soir 3, Michel Serres - entretiens avec Michel Polacco - Éditions Le Pommier.)
Le fameux « jour de la marmotte », en Amérique
du Nord, c’est le 2 février. Ce jour-là, et seulement celui-là, des marmottes (pas n’importe lesquelles, juste quelques rares spécimens médiatisés comme « Shubenacadie Sam », la
canadienne) acceptent de sortir de leur terrier, insistent pour montrer leur nouvelle ligne, se pavanent, prennent la pause, saluent la horde d’êtres humains venus en pèlerinage, puis
consentent enfin à prédire le temps qu’il va faire, puisqu’enfin c’est pour cela qu’il y a du monde devant leur terrier…
Comment fait-elle, la marmotte, pour prédire la fin de l’hiver ? C’est une légende (oui, oui, vous l’avez dit, savoir prédire l’évolution de la météo, c’est une légende) qui raconte que si la marmotte voit son ombre (= s’il fait soleil), elle s’en retourne dans son terrier continuer à dormir parce que l’hiver est encore là pour 6 semaines, alors que si elle ne voit pas son ombre (= ciel couvert), le temps sera doux et l’hiver ne durera que quatre semaines. Et là, bingo !, la légende ne le dit pas, mais la marmotte, elle retourne pas dans ses pénates, mais elle danse avec les journalistes pour fêter ça !
Le 2 février donne donc lieu à quelques festivités en l’honneur de ces marmottes élevées au rang de vedettes. La prédiction d'une marmotte-météorogue se fonde sur une interprétation de son comportement à la sortie du terrier. Bon, ça me rassure, elle ne fera pas concurrence aux compétences d’Évelyne Dhéliat. Je me demande tout de même comment on peut faire mieux en fait d’in…terprétations.
Mais, c’est quand même bizarre, ces marmottes sensées dormir jusqu’en mars et qui sortent le jour où l’on claque des doigts… Je suis allée visiter quelques sites qui parlent de l’hibernation et nulle part je n’ai trouvé d’info disant que la marmotte pouvait sortir prendre l'air en plein hiver. Elle ne quitte pas son terrier avant mars, période de fin d’hibernation. Alors pour mieux vous éclairer, vous aussi, voici quelques renseignements :
La marmotte dort d’octobre à mars. Elle bouche son terrier avec de la terre. C’est dire si elle veut avoir la paix. Elle a des périodes d’éveil, courtes parce qu’elles lui coûtent de l’énergie et donc de la réserve de graisse, mais ses éveils ne lui servent pas à aller se promener dehors. Elle va faire pipi, remue sa couette, tape son oreiller, change de position… et se rendort. Et le 2 février, la marmotte, elle se fiche pas mal de qui l’attend dehors…il gèle à pierre fendre à cette période au Canada !
Qu’est-ce qui va la pousser à s’éveiller et à sortir, alors ? Le réchauffement progressif de son environnement, lié au printemps et à la douceur extérieure, vont réchauffer son corps et le pousser à sortir de sa torpeur. Quand la température adéquate est atteinte, l’animal se réveille et sort. C’est le mois de mars.
Mais qu’est-ce qu’elle faisait alors, le 2 février ? Elle faisait sauter des crêpes, au chaud, comme vous !
Un bambin de 2 ans et 10 mois assis au fond, tout au fond d’un grand fauteuil, les yeux écarquillés devant le tout nouveau Walt Disney La princesse et la grenouille, est-ce bien
correct ? Est-ce même autorisé ? La réponse à la première question, c’est oui, du moins à mon sens, et à celui de beaucoup de familles. La réponse à la seconde question, c’est non.
« Comment cela ? » direz-vous sans doute, les yeux écarquillés, vous aussi.
Au cinéma UGC ciné Cité des Halles, une famille a été sortie par trois policiers, excusez du peu, du cinéma où elle regardait La princesse et la grenouille, simplement parce que un de leurs enfants avait 2 ans et 10 mois, et que les cinémas parisiens sont interdits aux moins de trois ans. Ils avaient été avertis de l'interdiction à la caisse, mais ils avaient passé outre et étaient allés s'installer. Et voici la loi qui justifie cette « expulsion » : un article 198 de l'ordonnance de la préfecture de Paris, qui date de 1927, interdit aux enfants de moins de trois ans d'entrer dans toutes les salles de spectacle.
Deux raisons avancées : 1 - il faut protéger leurs oreilles d’un niveau de bruit trop élevé (hum...), 2 - les enfants de moins de trois ans sont trop agités pour le confort du public sénile, euh pardon, du public adulte.
Je me pose une question : est-il vraiment impossible de régler le volume sonore d’une salle de ciné ? J’ai un doute ! N’était-il pas possible, sachant que ce film était dédié aux petits, de baisser le son ? Je crois que la véritable raison du déplacement policier, c’est l’inconfort du public adulte. Éviter l'inconfort du public adulte en âge avancé, donc. On se demande ce qu’il faisait là, d’ailleurs, ce public très « adulte », devant des images enfantines dégoulinantes de sirop parfumé à la rose. Sans doute un âge si mûr qu’il verse dans l’immaturité….
Mais il faut bien protéger les vieilles forces de notre vieille France ; alors ressortons les textes - tombés dans l'oubli - de 1927, ils sont excellents pour cela….
Source de l'info : Rue89
La 20th Century Fox International a mené une étude sur un millier d’élèves britanniques de 5 à 16 ans, à l’occasion de la sortie
en DVD du film Aliens in the Attic. Cette étude montre qu’un tiers des jeunes croit qu’un de leur professeur peut être un extraterrestre, et les trois-quarts qui ne le croient pas
pensent qu’il en existe quelque part dans l’univers.
Une psychologue, Laverne Antrobus, que l’on trouve dans des émissions TV de coaching de parents, affirme que c’est normal, parce que les enfants ont tendance à « fantasmer énormément ». Ils se « construisent des mondes imaginaires ».
Je ne comprends pas pourquoi « se construire » des mondes imaginaires devrait mener aux croyances. Tout cerveau non atteint de pathologie est capable de faire la différence entre imagination et réalité. Nous regardons tous des fictions qui nous fixent à l’écran, puis le film terminé, on reprend une vie normale, en sachant, sans même se poser la question, que la fiction reste à sa place.
Il en est de même pour les enfants. Sauf que pour eux, les moments dédiés à l’imaginaire sont beaucoup plus nombreux que pour nous, d’où l’impression qu’ils empiètent sur leur quotidien. Pourtant, aucun enfant, sauf pathologie, ne croit vraiment que les monstres qui peuplent ses contes préférés ne vont surgir dans la réalité. Bien sûr, une ambiance trop effrayante au moment du coucher (lecture de contes) peut induire un mal-être et des cauchemars, mais le sommeil éteint une partie de la raison, les rêves se nourrissent du contenu de la journée. Ils se situent à un « entre-deux » de la raison, ou naviguent au cœur de délires. C’est un territoire encore inconnu, quoiqu’en disent les psychanalystes qui prétendent en détenir les clés. Autant ne pas introduire d’histoires monstrueuses avant la nuit si un enfant est anxieux.
Ceci dit, pourquoi des enfants normaux font-ils l’amalgame entre la réalité (leur professeur devant eux en cours) et leur imaginaire (les jeux-vidéos et films sur les aliens) ? Leur réponse est-elle sérieuse ? N’ont-ils pas répondu par la dérision ? Le monde des profs est si déroutant, si lointain pour les élèves ! Ne serait-ce pas la partie la moins scolaire des enfants qui a répondu ainsi, pour mieux exprimer combien les professeurs vivent dans un monde parallèle au leur ? On ne le saura pas bien sûr, puisqu’on ne sait pas quelle était la formulation exacte de la question, ni dans quelles conditions elle a été posée.
D’une manière plus générale, je trouve inquiétante cette mode de superposer imaginaire et raison en comparant des créations d’artistes à la réalité. On ne cesse de critiquer les films sur la base de leur cohérence avec la science (Avatar n’y a pas échappé), ou bien des romans sont pris pour des docus (Da Vinci Code). Le roman, comme la fiction télévisuelle, doivent rester libres. Ils sont bien évidemment à soumettre à la critique, mais les passer au crible de la réalité est un contre-sens. Le risque de créer une confusion des genres existe, ce qui pourrait en partie expliquer que le cerveau des jeunes ait du mal à s’y retrouver.
Source de l’info initiale : http://7sur7.be/7s7/fr/1504/Insolite/article/detail/1061703/2010/02/01/un-eleve-sur-trois-pense-que-son-prof-est-un-alien.dhtml
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