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6-ans-avec-lunettes-3.jpg " Qu'est-ce que la science ? C'est l'enchantement du monde, l'enchantement réel du monde. "

Michel Serres  (Extrait de  - Petites chroniques du dimanche soir 3, Michel Serres - entretiens avec Michel Polacco - Éditions Le Pommier.)

 

 

Observation du ciel

Lundi 12 janvier 1 12 /01 /Jan 06:53

 

 par Guillaume Cannat

Mois par mois, les plus beaux spectacles en 2009

Éditions Nathan - 16,50 €

 

Le Ciel à l'œil nu en 2009 a reçu le label officiel du comité français de l'Année mondiale de l'Astronomie 2009.

 

Janvier est le traditionnel mois des résolutions. Avez-vous pensé au ciel ? Non, je ne parle pas de vous lancer dans des études d’astrophysique, mais de lever les yeux de temps en temps sur quelques joyaux. Le Guide du ciel à l’œil nu peut être alors un partenaire de choix, qui guidera vos pas toute l’année, sans vous encombrer de notions compliquées, et sans instrument sophistiqué. Pour beaucoup de phénomènes célestes, des jumelles de randonnée suffisent.  Et l’œil nu permet aussi de belles ballades : il y a cinq planètes accessibles, notre satellite, des nébuleuses, une galaxie, visibles avec vos seuls yeux.

 

En cette période hivernale où les basses températures favorisent la pureté du ciel, vous n’avez sans doute pas manqué d’admirer la brillante Vénus qui illumine l’ouest. Profitez-en, car après le 18 mars, elle sera du matin ! Pour les Parisiens, ce soir lundi 12 janvier 2009, la pleine Lune va se coucher au sein de l’Arc de triomphe, très exactement.

Le guide vous indique aussi, sur une carte simplifiée,  le nom des premières étoiles qui s’allument  dans le ciel vespéral ; il est alors plus facile de s’y repérer avant que le noir de la nuit profonde et sa profusion de luminaires ne rendent la voûte céleste trop confuse pour le non initié.

 

Parallèlement à l’observation, vous  pourrez aussi vous documenter sur l’histoire de l’astronomie, sur quelques notions clés de la mécanique céleste, et sur les dernières découvertes astronautiques.

Un magnifique livre, peu encombrant, qu’on retrouve avec plaisir chaque année,  et qui réussit le pari d’être complet et accessible à tous les curieux, même néophytes.

 

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Observation du ciel
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Jeudi 16 août 4 16 /08 /Août 12:32

Le Mont Ventoux - Coucher de soleil

En ce dimanche 12 août, la météo ne présageait rien de vraiment bon en matière de cieux astronomiques, même à l’abri du Ventoux. De grandes brumes grises s’étiraient obstinément à l’est, et semblaient monter du « Géant de Provence ». Vers 22h 30, la masse nuageuse  stagnait toujours au-dessus de ses flancs sombres, comme s’il l’avait entretenue dans un chaudron. C’était pourtant le grand soir, celui que les médias annoncent toujours avec force depuis des années : la nuit des étoiles filantes d’août, les Perséides.  Elles doivent leur joli nom à la constellation de laquelle elles semblent surgir : Persée. C’est exactement comme quand vous conduisez sous la neige et que les flocons semblent tous venir d’un seul point : c’est le radian. Ce soir, la Terre est un vaisseau spatial qui fonce à près de 220 000 km/h dans l’essaim de ces poussières de comètes. Embarquez avec moi  à bord du vaisseau Terre.

Installée sur le terrain face au Ventoux, au pied d’un immense bouquet de bambous, j’attends les vacanciers depuis 22h 30 pour une séance d’observation, sans télescope, mais avec tapis de camping et duvets. Je prends le pouls de la soirée en frissonnant dans la petite fraîcheur qui s’installe. Au loin, la fureur des soirées d’été me parvient filtrée. Qui osera quitter le restaurant face à l’eau des piscines qui miroite de mille feux, l’animation estivale grisante et les grandes réunions conviviales, pour venir me rejoindre en s’isolant dans le silence et la pénombre ?  Je ne me suis pas posée la question longtemps.  Les vacanciers ont répondu nombreux à l’appel des affichettes  qui annonçaient la soirée des Perséides. A minuit, nous étions trente ! Eternel succès des étoiles filantes, qui s’habillent toujours de magie. Surtout pour les Perséides, qui font l’objet d’une belle publicité médiatique. Vers 23h, le miracle s’est produit : le Ventoux a cessé d’entretenir son chaudron, et le ciel s’est débarbouillé. A l’heure du rendez-vous donné aux vacanciers, j’ai allumé ma lampe rouge pour me faire repérer  des premiers arrivants. Déjà je distinguais des lampes de poches qui tressautaient et balayaient le sol en me cherchant. Bigre, ils ne devaient voir que ce que l’étroit halo de leur lampe leur montrait ! S’ils venaient sans lumière, ils me verraient ! A chaque fois que j’apercevais quelques torches tremblotantes, je me levais et j’allais au-devant d’eux, afin de leur faire éteindre leur lumière, agressive et inutile. Pour gagner le lieu d’observation, je les guidais alors avec ma lampe rouge. Je jouais le rôle amusant d' une ouvreuse de cinéma ! Le film allait bientôt commencer ! Faire éteindre les lampes de poche n’est pas toujours chose aisée. Chacun craint fort de marcher dans la pénombre. Alors que les yeux s’habituent très bien à l’obscurité - si elle n’est pas totale, bien sûr. Mais elle n’est plus totale nulle part. Partout la pollution lumineuse affecte le ciel, dilue les étoiles et dissout la Voie lactée. Il faut expliquer encore et encore que notre œil  a une bonne vision nocturne, surtout s’il s’agit seulement de marcher. Mais si une lumière frappe la rétine, il lui faudra un quart d’heure pour retrouver une vision nocturne correcte.

Une fois tout mon petit monde couché sur les tapis, lové qui dans un plaid, qui dans un duvet, qui dans les bras de papa ou maman, j’ai demandé que les lampes se taisent définitivement. Et sous nos yeux d’oiseaux de nuit ébahis, la majestueuse Voie lactée a alors accepté de dérouler son ruban argenté, en récompense de notre obéissance. Le silence de la lumière a provoqué, sans que j’aie à dire un mot, le silence total, le vrai, celui des bruits humains. Une ambiance feutrée et douce s’est installée. Pas un enfant ne bougeait. Soudain, la première exclamation a jailli des duvets : la première Perséide fut saluée comme il se doit. Puis retour du silence, de l’attente. L’attention et l’affût créent une atmosphère particulière, à la fois tendue et détachée. Paradoxe ? Non, nous perdons juste le goût de prendre tout notre temps pour savourer les belles heures gaspillées à regarder, juste regarder. Quel luxe, à notre époque de course incessante après le  temps !  Un oiseau nocturne, à plusieurs reprises, a déchiré de son cri notre silence mais personne ne l’a entendu ; chacun était si préoccupé de ne pas rater la prochaine Perséide….

Vers minuit, les étoiles filantes zèbrèrent le ciel plus haut vers le zénith ; elles traversaient le triangle d’été. Alors quelques duvets ont pivoté doucement pour mieux s’orienter et les  têtes ont changé d’angle d’observation. De temps à autre, quelques « chuchotis » d’enfants se devinaient,  accompagnés d’un doigt sorti de la couverture, pointé vers le ciel… « Dis, papa …. »  Chuchotement du papa en réponse, puis le calme profond reprit ses droits. Deux bolides à la tête orangée et à la traînée très persistante, à deux ou trois minutes d’intervalles, nous ont arraché des exclamations. Enfin,  quelques enfants s’étant endormis, des parents ont décidé de rentrer. D’autres furent  surpris par le froid et ont déménagé à regret. Avant qu’ils ne partent, j’ai demandé à ceux qui ne portaient pas d’enfants dans leurs bras de faire l’expérience de rentrer lampe éteinte, puisque leurs yeux étaient bien habitués à la nuit. Et je me suis amusée à suivre leur progression de loin. Pour certains, je n’ai rien aperçu, pas la moindre lueur au loin. Gagné ! Pour d’autres, après quelques instants d’obscurité, une petite ampoule s’est discrètement allumée, comme une petite bouée de lumière, finalement si indispensable…

J’ai alors pris le chemin du retour vers la tente, tous feux éteints, la tête pleine de cette soirée si lumineuse et si douce, et si bien partagée,  sous les étoiles provençales. 

Crédit photos : Agnès Lenoire

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Observation du ciel
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Vendredi 20 juillet 5 20 /07 /Juil 17:45

 

Mercredi 18 au soir, dans le centre de vacances où je passe l’été, une soirée d’observation a réuni sous les étoiles plus d’une soixantaine de personnes, petits et grands vacanciers, autour des télescopes de plusieurs amateurs équipés. En début de soirée, avant même que  la nuit ne s’installe, il y avait une jolie barque lunaire à observer, ainsi que Vénus, qui se détachait déjà à l’ouest, bien piquée sur le ciel bleu. Enfin  on put aussi admirer Jupiter, qui ne tarda pas à apparaître au sud dès que le ciel revêtit son habit de velours sombre. Ces séances d’astronomie, quand elles se déroulent en tout début de nuit, ont un avantage indéniable : elles touchent enfin les très jeunes enfants. Eux qui se couchent le plus souvent avant que la Voie lactée ne s’impose en travers de la voûte céleste, signe, en été, que la nuit est profonde et l’heure avancée, ceux-là ont été autorisés, ce mercredi, à faire comme les grands, à mettre l’œil à l’oculaire, et à poser des questions comme les adultes.

La première des questions du public ce soir-là fut de savoir pourquoi, dans le télescope,  Vénus avait la forme d’un croissant, exactement comme la Lune , présente pas très loin à l’ouest. La réponse fut que l’éclairage apporté par le soleil descendu sous l’horizon  peu de temps avant concernait à la fois la Lune et Vénus, qui  recevaient alors les mêmes rayons, du même côté.

Une autre question a ensuite surgi, plus ciblée sur le langage de la science, portant sur Jupiter et ses satellites, dont je venais de dire qu’on pouvait les voir au nombre de quatre dans le télescope.   Une observatrice m’a dit, prudemment, comme si elle n’y croyait pas vraiment : « Si j’ai bien compris, on aurait envoyé des satellites autour de Jupiter ? C’est ça ? ». Le mot « satellite » n’a souvent qu’un seul sens pour le grand public : celui de petit engin que la technologie spatiale expédie en orbite, en l’occurrence autour de la Terre (ou de Jupiter, un jour ?). Cela est révélateur de l’impact fort que joue la technologie dans nos vies, imposant ses mots, détournant les autres sens à son profit.  Car le « satellite » n’est pas qu’« artificiel », il est aussi « naturel », et désigne alors un petit corps de l’espace en orbite (satellisé…) autour d’un astre plus massif  que lui. La personne en quête d’explication m’a alors répliqué : « D’accord, ce sont donc des lunes ! ». Elle a raison, ce sont des lunes, sans le L majuscule puisque ce n’est pas la nôtre.  C’est d’ailleurs ce vocabulaire qui est employé de préférence en grande vulgarisation, dans les médias, sans doute parce que ce vocabulaire est plus parlant. Une lune, on sait ce que c’est, et la représentation mentale ne pose pas de problème. Pourtant notre Lune n’est pas considérée par les astronomes comme un véritable satellite de la Terre , en raison de sa trop grande taille. Bien que satellisée autour de la Terre , elle cherche à échapper à son emprise et s’éloigne tout doucement.

Les satellites ne sont pas que de « communication » ou « d’observation », oiseaux de métal dédiés à notre confort, mais on ne connaît qu’eux, on ne parle que d’eux. De plus en plus, le langage de la science s’efface derrière celui des technologies. Dommage, car il n’est pas toujours plus  complexe.

Crédit photo : Agnès Lenoire

Par Agnès Lenoire - Publié dans : Observation du ciel
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